Soutenance de thèse de Mélanie FAVROT

Ecole Doctorale
ESPACES, CULTURES, SOCIETES - Aix Marseille
Spécialité
Géographie
établissement
Aix-Marseille Université
Mots Clés
investissements fonciers,peuplement,Congo Brazzaville,accaparement,agrobusiness,études rurales
Keywords
land investments,settlement,Republic of Congo,land grabbing,agribusiness,rural studies
Titre de thèse
Les investissements étrangers dans l'agrobusiness en Afrique : accaparements fonciers ou facteur de développement. Les paradoxes de la République du Congo
Land investments in agribusiness in Africa, land grabbing or development? The case of the Republic of Congo.
Date
Jeudi 4 Juillet 2019 à 14:30
Adresse
Aix-Marseille Université, Centre St Charles, case 10, 3 place Victor Hugo, 13331 Marseille, cedex 03, France
Amphithéatre de Sciences Naturelles
Jury
Directeur de these M. Luc CAMBREZY LPED - UMR 151 Aix Marseille Univ - IRD - honoraire -
Rapporteur M. Pierre JANIN UMR Développement et sociétés Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / IRD
Rapporteur M. Robert Edmond ZIAVOULA Pôle des Langues et civilisations - Inalco - Université Sorbone Paris Cité (UPSC) CESSMA UMR 245
CoDirecteur de these Mme Elisabeth DORIER Laboratoire Population Environnement Développement Aix-Marseille Université
Examinateur Mme Florence BRONDEAU UMR 8185 ENeC Espaces Nature Culture - Université Paris Sorbonne
Examinateur Mme Valérie GOLAZ INED - LPED - UMR 151 Aix Marseille Univ – IRD

Résumé de la thèse

L'augmentation de la population mondiale nourrit les débats sur l'accès à l'alimentation et interroge sur le rôle de l'agriculture et du foncier pour accéder à l'autosuffisance alimentaire. Les formes d'agriculture et de gestion du foncier privilégiées dans le système économique mondial dominant sont l'agro-industrie, aux dépens de l'agriculture familiale et la propriété privée, aux dépends des communs. Pourtant aujourd'hui, au sein même des organisations financières internationales ce modèle capitaliste, énergivore et au coût environnemental important, est en discussion et des formes hybrides sont de plus en plus encouragées. Dans ce contexte global, cette thèse questionne la stratégie des acquisitions massives de terres par l’agrobusiness comme moyen d’accéder à l’autosuffisance alimentaire au Congo. L'approvisionnement alimentaire de la République du Congo, caractérisée par un faible peuplement rural et une paysannerie déstructurée, dépend depuis les années 1970 des importations grâce aux revenus de la rente pétrolière. Dans ce contexte, depuis une dizaine d'années, le gouvernement congolais fait appel à des investisseurs étrangers pour augmenter la production agricole nationale. Parallèlement, depuis les années 1990, une réforme foncière introduisant la titrisation est progressivement mise en place. Paradoxalement, malgré les faibles besoins en main-d'œuvre de l'agro-industrie, les diverses entreprises étrangères agricoles suivies obtiennent des rendements médiocres. Le faible peuplement, malgré la disponibilité en terres arables, semble constituer indirectement un frein à l'intensification agricole et au développement local. Mais le faible peuplement rural, comme la faiblesse de l’agriculture paysanne résultent tous deux des politiques de l’Etat rentier endetté, autoritaire et patrimonial, qui a abandonné ses zones rurales au profit de ses deux pôles politique et économique, Brazzaville et Pointe-Noire.

Thesis resume

The increase in the world population feeds debates on access to food and questions the role of agriculture and access to land to achieve food self-sufficiency. The most popular forms of agriculture and land management in the prevailing world economic system are agribusiness at the expense of family farming and private ownership as a land management mode. Yet today, within the international financial organisations, this capitalist model, energy-consuming and with significant environmental costs, is under discussion and hybrid forms are increasingly favoured. In this global context, this thesis questions the strategy of massive land acquisitions by agribusiness as a means to access food self-sufficiency in the Congo. The food supply of the Republic of Congo, characterised by a small rural population and an unstructured peasantry, depends since the 1970s on imports thanks to the income from oil revenue. In this context, for the last ten years, the Congolese government has been calling foreign investors to increase national agricultural production. At the same time, since the 1990s, a land reform introducing securitisation has been progressively put in place. Paradoxically, despite the low labour requirements of agribusiness, the various foreign agricultural companies followed have poor returns. The low population and availability of arable land seem to be an indirect barrier to agricultural intensification and local development. But the weak rural population and the weakness of peasant agriculture both result from the politic of the indebted, authoritarian and patrimonial rentier state, which has abandoned its rural areas in favor of its two major cities, the political centre, Brazzaville and the economic one, Pointe Noire.